06 décembre 2007
Regard sur un passé : notre vie à Puebla
6 décembre. Déjà quatre mois que je suis ici, et Oli, deux. La session d’université est déjà terminée, le temps a filé à la vitesse de l’éclair. Nous nous envolons aujourd’hui pour Cancún, d’où nous comptons visiter la péninsule du Yucatán et l’état du Chiapas, avant de reprendre l’avion en direction de Montréal en janvier.
Déjà.
La nostalgie nous assaillit. Puebla va nous manquer. La simple évocation du nom de notre ville d’accueil éveille en nous des images, des odeurs, des sensations, des souvenirs tous plus mémorables les uns que les autres. Puebla, pour nous, représente d’abord et avant tout nos retrouvailles. Notre premier chez-soi commun. Notre petit bonheur, tout simple, mais vrai.
Puebla, les rues à sens unique engorgées par la circulation, exaspérément assourdissantes à cause des klaxons auxquels les conducteurs ne laissent aucun répit. Puebla, le centre historique, sa cathédrale, ses dizaines et dizaines d’églises datant de l’époque coloniale. Puebla, son mole, ses tacos arabes, ses petites gargotes, ses vieilles dames à la longue chevelure tressée qui vendent les fruits de leur jardin assises sur le trottoir. Puebla, le saumon à 10$ le kilo à l’épicerie, le pamplemousse à 30 sous l’unité, les transports en commun à 40 sous par passager.
Puebla, notre vue du Popocatépetl du haut du toit, volcan redoutable dont on vient tout juste d’apprendre l’entrée en activité il y a quelques jours. Des cendres ont été projetées à trois kilomètres. Sous notre nez. Et on n’y a rien vu. Il faut croire qu’il nous en manque encore untipeu pour être de véritables poblanos.
Puebla, mon université, la BUAP. Une récente enquête du Secrétariat de l’Éducation Publique a jugé que 94% des programmes qui y sont offerts satisfont ses normes de qualité. Cela signifie quand même que 6% des programmes ne les satisfont pas. Est-ce le cas des études en anthropologie? Nous avons constaté que plus la session avance, plus mes profs s’absentent souvent. L’un d’entre eux n’atteint même pas les 80% d’assistance qui sont requis pour les étudiants. Vous vous doutez donc que ce que je retiens de mon séjour d’échange est loin d’avoir trait à mes études…
Je retiens plutôt la culture particulière des citoyens de Puebla, les PiPoPes comme on les appelle ailleurs. Pinche Poblano Pendejo. Ça se traduirait comme « mautadit poblano con ». Ils ont belle réputation, nos ex-concitoyens, et on ne sait même pas pourquoi.
Je retiens l’amabilité des gens, leur curiosité envers nous et envers le Canada. Nous jouons souvent à « qu’est-ce que les gens de ton pays pensent des gens de mon pays? ». Les Canadiens imaginent le Mexicain typique endormi dans son hamac, bouteille de tequila à la main et coiffé de son éternel sombrero. Les Mexicains imaginent le Canada comme un endroit hors de la portée des rayons du soleil, où c’est l’hiver toute l’année, où les gens se barricadent chez eux lorsqu’il tombe de la neige.
Je retiens notre voisine d’en bas, Doña Ofelia. Une dame âgée qui, pour le dire en deux mots, nous adore. Et le coup de foudre est réciproque. Elle nous appelle ses amours, ses enfants. Chaque fois qu’elle monte sur le toit pour mettre son linge à sécher, elle s’arrête pour nous parler. De la vie, de sa vie, de nous. Elle semble tellement sereine, et tellement heureuse! Son secret? Ne pas se chicaner avec personne, et accepter la vie telle qu’elle se présente… Elle ne nous quitte jamais sans nous avoir béni au moins trois fois et demandé au bon Dieu de prendre soin de nous…
Et je retiens, finalement, ces moments passés à refaire le monde, seuls ou avec d’autres. Il existe toujours, quelque part, quelqu’un qui pense comme nous et cherche la même chose que nous. Oli et moi nous sommes trouvés. Et nous continuons de croiser le chemin d’au
tres gens qui, comme nous, ont à l’intérieur une flamme qui brûle de passion pour le monde.
Hasta luego, Puebla!
Commentaires
Bob!
Heureusement que le tatoo sur le bras à Oli m'a fait énormément rigoler...En fait, c'est plutôt la face à mon frère qui m'a trop fait rire!!!!
Sinon, en lisant votre dernier texte, ça m'a rendu nostalgique, Puebla, c'est déjà du passé...Mais pour vous consoler, quoi de mieux que de petites vacances à Cancun hein!
Profitez-en bien car à votre retour, ça risque d'être pas mal Rock & Roll! Mais c'est si beau la neige!
xxx
réflexion
Que notre société est pauvre, pauvre de croire qu'être heureux, c'est posséder, de se laisser influencer par la publicité, de se laisser prendre dans l'engrenage de la compétitivité,...
Lisette
Mon cours d'anthropo a distance vient de se terminer...
Ben voila, avec la fin de TA session au Mexique, MON cours d'anthro a distance vient aussi de se terminer! Quel dommage! Mais ne te met surtout pas dans la tete de me passer un examen en revenant, car j'ai deja oublie le contenu du dernier cours! Que veut-tu, avec toutes ces belles photos et ces beaux recits que vous nous envoyiez, y a de quoi a oublier ce qui venait avant!
Je suis tres content pour vous deux: toutes ces decouvertes sur les peuples, tous ces nouveaux amis etc... voila des belles experiences auxquelles vous devez etre fiers (dumoins nous le sommes pour vous!)
Si tu m'avais demander de te dire a quoi ressemblait la vie Mexicaine, j'aurais dit exactement ce que tu a mentionne plus haut:
le sombrero et la sieste! Donc on en a encore a apprendre...
Par-contre, les Mexicains savent maintenant que les Canadiens, en plus d'etre enterre dans la neige, mangent de la poutine, et qu'ils ont l'air d'etre souvent sur le party!!!
********NICE JOB AND KEEP UP THE GOOD WORK!*****
dad
XXXXXXXXXXXXXXX
PS: bonne vacances
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