21 décembre 2007
Coup de foudre au coeur de la selva
Après Ek-Balam la discrète, Chichén Itza l'imposante et Palenque la romantique, nous visitons aujourd'hui l'enchanteresse Yaxchilán. Comme le site n'est accessible que par voie fluviale, nous sommes contraints de négocier, avec un autre Québécois et cinq Mexicains, un prix raisonnable pour emprunter une pirogue à moteur, qu'ils appellent ici lancha. Le trajet de près d'une heure sur la rivière Usumacinta nous enfonce d'une vingtaine de kilomètres au creux de la jungle encore endormie, qui nous révèle au détour d'un gigantesque ceiba un premier monument. Chaque pierre a été, au fil des siècles, élégamment recouverte d'une mousse verte et velue qui confère à l'endroit un charme irrésistible. Avec nos compagnons, nous pénétrons dans un espace exigu et obscur qui s'avère finalement être un couloir doté d'escaliers et de coins à angle droit. Un coup d'oeil avec une lampe de poche nous révèle un insecte qui nous était encore inconnu: imaginez-vous une créature hybride, mi-araignée, mi-scorpion, qui mesure plus de dix centimètres (et que l'on préfère bien sage et immobile sur la paroi que sur soi). Nous apercevons également, suspendues par les pattes aux pierres du plafond, de minuscules et adorables chauve-souris qui nous fixent de leurs petits yeux en émettant des couinements plutôt mignons. Après nous être extasiés sur l'apparent nanisme de ces bêtes volantes, nous poursuivons notre parcours et le couloir finit par déboucher sur la grande place. Tadam! Yaxchilán est là, sous nos yeux, déserte, paisible, comme tout droit sortie du rêve embrumé d'un archéologue en manque de découvertes. Nous prenons le temps de nous imprégner de l'atmosphère mystérieuse qui se dégage des ruines, en constatant que la nature a repris ses droits sur cette belle cité; elle nous rappelle qu'elle a, par le passé, toujours triomphé sur l'ambition humaine...
Après avoir apprécié les structures éparpillées autour de la plaza principale, Oli et moi empruntons un petit chemin dans la jungle, constitué d'un formidable enchevêtrement de racines et de pierres qui devait avoir exactement la même apparence à l'époque où le site était habité. Mon amoureux chemine devant moi tel un ranger dans la brousse, attentif aux moindres indices de la selva, dans l'espoir d'apercevoir un quelconque animal sauvage. Et la chance nous sourit: un paquet de feuilles qui tombent simultanément est un signe qui ne trompe pas, des singes trahissent leur présence juste au-dessus de nos têtes. Ai-je bien dit... DES SINGES??!! Eh oui! Et ceux parmi vous qui connaissent ma fascination pour les primates peuvent certainement deviner l'excitation qui s'empare de moi. Il s'agit des fameux singes hurleurs dont nous avons fait la connaissance à Palenque; par contre, et heureusement pour nos tympans, ils ont mis leurs cordes vocales à off, trop occupés qu'ils sont à fourrager dans la cîme des arbres. (En fait, nous apprendrons plus tard que seuls les individus mâles émettent des hurlements, les femelles se contentant de grogner à la manière des cochons; nos singes sont donc sûrement des femelles). Nous distinguons parfaitement leur pelage foncé aux reflets roux, leur petit museau, leurs pattes agiles qui agrippent le feuillage vert, leur queue qui leur permet de se pendre, tête en bas, à la recherche d'une autre branche assez solide pour les supporter. Nous restons là un bon moment à suivre leur progression d'arbre en arbre. Une rencontre spontanée avec l'histoire de notre évolution...
Quelques moments plus tard, le lanchero nous attend dans son embarcation pour nous ramener à bon port. Entre la vue d'un crocodile qui se fait dorer la couenne au soleil et de deux petits cerfs qui détalent, effrayés par le vacarme de notre moteur, nous nous surprenons à contempler, rêveurs, l'autre rive de l'Usumacinta: le Guatemala...
Commentaires
Des quoi?...des SINGES!?
Je ne doute pas un instant de toute l'excitation que tu dois avoir eu en apercevant les singes hurleurs! As-tu pris un vidéo?? Puis toutes ces bestioles que tu as aperçu, scorpion arraignée, avou que maintenant tu n'auras plus peur d'une simple petite araignée à la maison! J'me souviens que lorsque j'étais au Costa Rica cet été, tu m'avais dis d'arrêter de mettre des photos de bébittes sur mon blog, eh bien je crois que toi aussi tu prends goût à me faire connaître ces petits êtres vivants!
Le guatemala....j'attends des nouvelles! et des photos!
Ayoye les bebittes!
Bon, alors, j'aime bien entendre parler de ces
bebittes prehistoriques, elles ont l'air toutes charmantes, toutes delicates, mais n'essaye surtout pas d'en ammener une par ici!
Juste a penser qu'une d'entre elles pourrait
etre dans mon lit...
Par-contre, le singe, ca aurait de l'allure, je pourrais lui montrer comment pelleter ma cours!
Farces a part, c'est toujours interrescent de vous lire!
Bye a vous deux!
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=362006&pid=7315256
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
















