28 décembre 2007
Le paradis est moins cher qu'on le pense
Le lac Atitlán, merveille de dame nature et sans contredit l'un des plus grands trésors du Guatemala. Un voyage en Amérique centrale ne peut être vraiment complet sans y avoir séjourné quelques temps. Se réveiller le matin et regarder par la fenêtre pour découvrir un panorama d'une beauté impossible à capturer sur photo de façon fidèle, une eau d'un profond turquoise ceinturée de montagnes boisées et de petits villages épars, ça n'a pas de prix. En fait, ça en a un : 2,50$ par personne, par nuit, pour une petite chambre avec salle de bain privée et vue sur le lac. Trouvez-moi une seule raison de s'en passer!
En bordure du lac émergent trois majestueux volcans, dont le San Pedro, cône parfait au pied duquel se trouve le village du même nom, celui où nous restons. L'ambiance y est tellement relâchée, détendue, nonchalante; on s'y sent tous un peu hippie! Et il y en a d'ailleurs beaucoup, des hippies. De part et d'autre de la rue principale, des artisans vagabonds venus des quatre coins du globe étalent sur de petites tables les fruits de leur savoir-faire. Ils resteront ici quelques jours, quelques semaines, puis repartiront vers un autre endroit où abondent leurs clients, c'est-à-dire les touristes. Ainsi, avec le peu que leur rapporte la vente d'un collier de temps à autre, ils parcourent le monde et rencontrent des centaines de gens. Pas d'hypothèque, de responsabilités ni de comptes à rendre. Vivre au jour le jour. Carpe diem. Ça a ses avantages et ses inconvénients, mais Vicki et moi nous surprenons souvent à rêvasser de ce à quoi ressemblerait notre vie si jamais nous osions tout abandonner pour partir là où le vent voudrait bien nous emmener...
Pour apprécier à sa juste valeur ce qu'Atitlán a de plus beau à offrir - d'époustouflants paysages de nature vierge - et pour mieux adopter le rythme ralenti, le calme, la paix qu'il impose, rien n'égale une ballade en kayak sous les réconfortants rayons du soleil. Pour seulement quatre dollars, nous pagayons trois heures durant, en nous arrêtant sur une petite plage de sable noir où quelques "locaux" s'adonnent à un barbecue en famille. Seuls les plus courageux osent se baigner, mais même en Québécois endurcis que nous sommes, nous préférons passer notre tour.
Le reste du temps, nous flânons d'un kiosque d'artisanat à l'autre, ou alors nous entrons grignoter quelque chose dans l'un des nombreux restaurants internationaux qu'ont ouvert les Italiens, Mexicains et autres Israéliens qui, sous le charme incontestable du lac, ont décidé de s'installer à San Pedro. Ces expatriés semblent d'ailleurs en plus grand nombre que les Guatémaltèques, jusqu'à ce qu'on s'éloigne de la rue qui longe le lac. À quelques cuadras seulement, l'ambiance change du tout au tout : aucun touriste, pas de vendeurs de tours organisés ni de cafés décorés à la mode. Un autre San Pedro. Le premier, au bord de l'eau, ne vit que par le tourisme alors que le second, à cinq petites minutes de marche, s'en passe très bien. Par choix? Peut-être, mais j'ai plutôt l'impression que c'est le tourisme qui a choisi de délaisser cette partie du village qui n'a pas vue sur le lac...
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